Néanmoins et malgré les attaques de Gitana nous arrivions dans le Pot au Noir en seconde position à 12 milles d'Ecover mais menacés par le retour de la flotte poussée par un alizé forcissant. C’était alors un nouveau départ pour 8 bateaux pour lesquels tout était encore possible mais devant les étraves se dressait le fameux Pot au Noir, tant redouté pour ses vents erratiques. Passer a l'est c'était raccourcir la route en espérant franchir sans trop s'arrêter et bénéficier à la sortie d'un meilleur angle pour la dernière ligne droite vers Bahia, plus à l'ouest, les risques de pétole sont moindre mais cela nécessite de rallonger la route d'autant plus que nous venions tous de l'est (Sénégal). Bref, la suite on la connaît, à l'est, Gitana s'embourbe, Ecover ralentit beaucoup, Groupe Bel pire encore, tandis qu'à l'ouest les bateaux passent comme des fleurs sans même ralentir. Plus grave, à la sortie du Pot au noir le vent tombe alors qu’à l'ouest les bateaux profitent de conditions exceptionnellement bonnes. La punition pour Seb et moi ! Fin de rêve de podium… Pour couronner le tout, une série de soucis techniques nous a conduits à sortir la boite à outils. L'avarie la plus grave, qui aurait pu nous contraindre à l'abandon, fut celle concernant le vit de mulet, cette pièce vitale qui relie le mat à la bôme, s’est à moitié arrachée. Il a fallu refaire un sanglage en carbone stratifié sur le mat.

Pour le reste, il fait beau, le vent chaud du sud nous pousse vite mais il nous faut encore 4 jours pour relier Bahia. Il nous reste de la nourriture, de l'eau et… le sourire de la vache. A Salvador de Bahia.

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